La toile d’araignée en hiver

Elle tient encore, fil de rien,
entre deux branches dépouillées,
givrée comme un vitrail sans fin
que le gel a ciselé.

Plus de mouches, plus de vent chaud,
plus de corps pris dans le labyrinthe —
elle brille, inutile et beau,
pour personne, sous une pluie de teinte.

L’araignée dort sous une écorce,
oubliant l’ordre de ses fils.
La toile, elle, garde la force
d’un geste accompli.

Le matin la couvre de givre,
le soir la défait en lambeaux.
Et chaque hiver la fait revivre
ce que le temps jette à l’eau.

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